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Habitat, Aménagement, Construction, Paysages
 

3ème partie - Les unités de paysages

La typologie de l’inventaire régional des paysages

Les paysages littoraux associent, d’un côté l’immensité de la mer, et de l’autre, des vues longitudinales sur un rivage plus ou moins élevé et construit. De même, les paysages de marais, dépourvus d’arbres à cause de la proximité de l’eau, s’ouvrent sur de longs couloirs. Mais la vision devient courte, une centaine, quelques centaines de mètres, quand les écrans sont rapprochés et reliés en mailles fermées comme dans le bocage, ou à l’extrême, présents partout sous des formes massives comme dans les pays aux bois. Dans des paysages qui associent vision courte et vision longue, tels ceux où se mêlent plaines découvertes et groupes d’enclos, des situations mixtes les enrichissent de la mouvance de leurs fonds de tableaux. Et quand le relief prend de l’ampleur par les dénivellations qu’il crée, ou quand il impose par des lignes directrices, une ossature paysagère à une échelle bien supérieure à celle des écrans végétaux et construits, c’est lui qui définit alors les traits majeurs du paysage.

Cette typologie a permis d’individualiser 8 familles de paysages. Des critères complémentaires liés à la topographie des lieux ou à la structure paysagère fondent la subdivision de ces familles en 22 « sous ensembles », puis en 75 unités de paysages au caractère spécifique.

Inventaire des paysages (extrait) : distinction et classification des paysages

Les 8 familles de paysages :

 
 
Paysages d’entre terre et mer

Richesse et diversité des paysages côtiers

Le paysage maritime, immense plan d’argent liquide, que rendent vivant le jeu renouvelé de la houle battant l’estran et celui des marées le cachant et le découvrant tour à tour, fait contraste avec le paysage intérieur qui constitue sa limite immobile. Les paysages d’entre terre et mer représentent l’association du particulier et de l’infini, des vues immenses vers le large et des vues courtes vers la terre.

 
Paysages de marais

Des paysages insolites que l’hiver inonde

Ces étendues parfaitement planes, “îles en creux” dans le paysage élevé qui les environne, s’allongent le long du cours des rivières qui les drainent. Les marais sont striés de canaux au tracé parfois géométrique, parfois sinueux, délimitant des parcelles de tailles et de formes diverses. Marais “communaux” et marais privés nous content l’histoire patiente de la mise en valeur de ces terres difficiles.

 
Paysages de campagnes découvertes

Paysages de champs ouverts et mosaïque changeante des cultures

Les campagnes découvertes sont habituellement synonymes d’espaces nus que parsèment seulement les silhouettes des villages et de quelques bois résiduels. Cependant en Basse-Normandie, les campagnes découvertes ne sont jamais dépourvues d’arbres. On y observe les enclos des habitats, parcs des châteaux, bosquets, vestiges de haies, limites de finage ou de haies bordières de vieux chemins ou de voies ferrées étroites disparues.

 
Paysages bocagers

Le bocage et l’intimité de ses mailles encloses

Le bocage, ce paysage de mailles encloses par des haies, est souvent considéré comme typique de la Basse-Normandie. Il est vrai qu’il en couvre la plus grande partie mais il est loin de présenter une image homogène. La dimension de ses mailles formées par les parcelles encloses commande la profondeur des vues, accentuant ou atténuant l’impression d’enfermement végétal. Mailles vastes, géométriques ou irrégulières des grandes exploitations, mailles exiguës témoins des minuscules fermes d’hier, mailles irrégulières et souvent incomplètes créées par les remembrements récents, sont autant de dessins paysagers différents.

 
Paysages mixtes

Des paysages qui semblent hésiter entre plaine ouverte et enclos

Assez souvent, bocages et campagnes découvertes s’imbriquent en une composition complexe. Selon la disposition relative des champs ouverts et des enclos, leurs tableaux présentent des différences notables. Organisée en damier ou en puzzle, elle introduit la variété des couleurs et des formes, diversifie les profondeurs des perspectives ou crée des oppositions tranchées.

 
Paysages aux bois

Bois, forêts et autres pays couverts d’arbres

Les bois et forêts dressent toujours une silhouette sombre, dense et massive. Quand ils deviennent omniprésents, soit par leur étendue, soit par leur fréquence, ils constituent l’élément majeur du paysage. Ils en forment le fond de tableau austère, qu’ils couronnent ou non des coteaux.

 
Paysages montueux et escarpés

Des paysages qui se fondent sur le relief

Quand le relief prend de l’ampleur, quand les dénivellations dépassent 50 mètres, quand les pentes se redressent, les perspectives se multiplient et surtout les traits du relief s’imposent comme l’architecture majeure du paysage.

 
Paysages péri-urbains

Des paysages entre villes et campagne

Si cet inventaire n’a pas retenu les paysages urbains, il ne peut négliger le contact de ceux-ci avec les paysages ruraux ainsi que les éléments originaux qu’ils y introduisent. Ce contact s’exprime, d’une part, par un front le long duquel se dresse la silhouette de la ville, et d’autre part, par la présence des édifices résidentiels, commerciaux ou industriels qui jalonnent l’auréole périurbaine sur laquelle se dispersent la population et les activités associées à la ville.