Pollution de l’air en Normandie : une estimation des bénéfices potentiels sur la santé d’une amélioration de la qualité de l’air


La pollution de l’air en Normandie : un enjeu de santé publique

La Normandie, comme d’autres régions françaises, est exposée à une pollution atmosphérique persistante qui expose la population à des risques. Au regard du bilan régional d’ATMO Normandie, en 2024, seul un polluant, l’ozone, n’a pas respecté les seuils réglementaires applicables à la qualité de l’air ambiant. Si on compare la qualité de l’air normand aux valeurs guides de l’Organisation Mondiale de la Santé 1 (OMS), quatre autres polluants apparaissent également comme un enjeu sanitaire en Normandie : le dioxyde d’azote (NO2), les particules PM10 et PM2,5 et le dioxyde de soufre (SO2). Et ce malgré le fait que certains polluants soient en baisse, comme c’est le cas pour le dioxyde d’azote, les particules PM10 et l’ozone.



Quelles différences entre seuils réglementaires et valeurs guides ?

Les seuils réglementaires nationaux, d’origine européenne, définissent l’état de la qualité de l’air ambiant qui doit être respecté pour protéger la santé humaine et l’environnement dans son ensemble. D’autres seuils, non réglementaires, appelées valeurs guides, sont proposés par l’OMS pour fixer des lignes directrices plus contraignantes, afin d’aider à réduire l’exposition à la pollution atmosphérique. 

A titre de comparaison pour les deux polluants sélectionnés dans l’étude :

Particules fines PM 2,5 Dioxyde d’azote (NO2)
Valeur limite réglementaire selon la directive européenne 2008/580/CE : 25 µg/m³ pour la moyenne annuelle Valeur limite réglementaire selon la directive européenne 2008/580/CE : 40 µg/m³ pour la moyenne annuelle
Valeur guide de l’OMS : 5 µg/m³ pour la moyenne annuelle Valeur guide de l’OMS : 10 µg/m³ pour la moyenne annuelle

Une révision de la directive européenne sur la qualité de l’air publiée au Journal officiel de l’Union européenne est entrée en vigueur le 11 décembre 2024. Elle fixe de nouveaux seuils réglementaires à respecter dès 2030 et qui sont plus strictes pour plusieurs polluants dont les particules PM10 (20 µg/m³ moyenne annuelle) et PM2,5 (10 µg/m³ moyenne annuelle), le dioxyde d’azote et le dioxyde de soufre (20 µg/m³ moyenne annuelle). Cette nouvelle directive devra être transposée en droit français au plus tard en décembre 2026.



Quels bénéfices potentiels pour la santé si la Normandie atteignait les seuils de l’OMS ?

Une étude menée par Santé Publique France 2 évalue les bénéfices sanitaires potentiels d’une amélioration de la qualité de l’air en Normandie. La présente étude a évalué l’impact sur la période 2016-2019 (avant la période COVID) de l’exposition à long terme à la pollution de l’air ambiant (extérieur) sur le développement de 8 maladies 3 pour lesquelles un lien est scientifiquement établi avec l’exposition au dioxyde d’azote (NO2) et aux particules fines (PM2,5).

Elle utilise une méthode d’Évaluation Quantitative d’Impact sur la Santé (EQIS), développée par l’OMS, pour estimer les cas évitables de pathologies en réduisant la pollution aux niveaux des valeurs guides de l’OMS.

En Normandie, si les niveaux de pollution de l’air ambiant baissaient, dans toutes les communes de la région, pour atteindre les niveaux des valeurs guides de l’OMS, cela aurait des effets bénéfiques sur la santé de l’adulte et de l’enfant. Effectivement, il est estimé que cela pourrait éviter en moyenne chaque année, selon la maladie et le polluant étudié (PM2,5 ou NO2), entre 100 et 1 500 nouveaux cas de maladies respiratoires chez l’enfant ; et entre 140 et 2 700 nouveaux cas de maladies cardio­vasculaires, respiratoires ou métaboliques chez l’adulte. Toute réduction de l’exposition à la pollution de l’air, se traduit par une diminution des maladies et des décès, tout en générant des co-bénéfices climatiques et sociaux.


Agir aujourd’hui, c’est protéger notre santé et celle des générations à venir.


Des leviers d’actions existent

Pour continuer à réduire la pollution de l’air et renforcer les bénéfices pour la santé, en limitant les décès et les maladies liées à la mauvaise qualité de l’air, l’étude met en avant plusieurs leviers d’actions collectives et individuelles tels que : la réduction du trafic routier, l’amélioration du chauffage résidentiel, la poursuite des efforts de réductions d’émissions industrielles, le développement des bonnes pratiques agricoles…etc


Retrouvez la synthèse de l’étude



Pour en savoir plus


Sources

ATMO Normandie - Bilan annuel 2024 de la qualité de l’air en Normandie
Santé Publique France - Estimation des bénéfices potentiels pour la santé d’une amélioration de la qualité de l’air ambiant en Normandie



Notes et références

1L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est une institution spécialisée de l’Organisation des nations Unies (ONU). Elle dirige et défend les efforts mondiaux visant à donner à chaque personne, où qu’elle se trouve, la possibilité d’être en bonne santé. 

2Santé Publique France est l’agence nationale de santé publique, créée pour améliorer et protéger la santé des populations en France. Cette mission s’articule autour de 3 axes majeurs : anticiper, comprendre et agir.

3Asthme, pneumopathies et infections aiguës des voies respiratoires inférieures – grippe exclue (ALRI), cancer du poumon, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), accident vasculaire cérébral (AVC), infarctus aigu du myocarde (IAM), hypertension artérielle (HTA), diabète de type 2.

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