L’intermodalité sur l’Axe Seine : Étude MODALISEINE

L’Axe Seine, qui relie Le Havre, Rouen et Paris, est un poumon économique important en France. Chaque année, des millions de tonnes de marchandises y transitent, principalement par la route. Pourtant, ce mode de transport, bien que dominant, pose des défis majeurs : congestion routière, bruit, pollution atmosphérique et émissions de CO₂. Face à ces enjeux, l’étude MODALISEINE propose des solutions concrètes pour développer l’intermodalité.



Qu’est-ce que l’intermodalité ?

L’intermodalité consiste à utiliser plusieurs modes de transport (fluvial, ferroviaire, routier,…) pour acheminer des marchandises de manière coordonnée et optimisée.

Par exemple :

  • Un conteneur arrive par bateau au port du Havre.
  • Il est ensuite transféré sur une péniche pour remonter la Seine jusqu’à Rouen.
  • Enfin, un camion prend le relais pour la livraison finale.


Cela permet de ne pas utiliser qu’un seul de transport, principalement routier !

Avantages Freins actuels
  • Réduction des émissions de CO₂. Désengorgement des routes
  • Optimisation des coûts grâce à la massification des flux
  • Amélioration de la sécurité (moins d’accidents que le transport routier seul)
  • Manque de coordination entre les acteurs (chargeurs, transporteurs, gestionnaires d’infrastructures)
  • Infrastructures parfois vieillissantes (voies ferrées, terminaux fluviaux)
  • Méconnaissance des alternatives par les entreprises et les collectivités.
  • Coûts initiaux élevés pour les opérateurs (investissements en matériel intermodal)

  • Le saviez-vous ? Pour transporter 5000 tonnes de marchandise il faut : 250 camions, ou bien 125 wagons, ou un convoi fluvial. En terme d’émission de CO2 par tonne et par kilomètre parcouru cela représente 40g CO2eq pour un convoi fluvial contre 95g CO2eq par camion.



    La multimodalité sur l’Axe Seine, quelques chiffres clés

    L’étude MODALISEINE dresse un bilan complet de la situation actuelle sur l’axe Seine, entre 2010 et 2020, c’est :

    • 86 % des conteneurs à destination ou en provenance du port du Havre transite par la route,
    • Le transport par voie fluviale représente 9 %, la Seine transporte trois fois moins de marchandises que dans les années 1960,
    • L’acheminement par voie ferroviaire est de seulement 5% (plus de 8% pour la moyenne nationale).

    Cet écart entre le transit routier et les autres modes de transports (fluvial et ferroviaire) est essentiellement dû à des habitudes d’usage. Les entreprises privilégient la route, car c’est un système qu’elles maîtrisent et qu’elles ont l’habitude de pratiquer. De plus, organiser un transport intermodal demande une logistique plus complexe car cela implique une coordination renforcée entre l’ensemble des acteurs.


    Le saviez-vous ? En 2020, seulement 2 % des marchandises en France transitent par voie fluviale.



    Les 8 missions identifiées par MODALISEINE pour rendre l’intermodalité plus attractive

    Pour inverser la tendance, l’étude propose 8 missions concrètes, à mettre en œuvre par les acteurs publics et privés, pour développer l’intermodalité.

    Missions identifiées Objectifs
    Formation à l’intermodalité Sensibiliser les chargeurs, transporteurs et collectivités locales aux enjeux de l’intermodalité
    Incitation financière Rendre le rail et le fluvial plus attractifs financièrement
    Inverser la vision "mono-canal" de la logistique Passer d’une logique "route seule" à une approche multimodale intégrée
    Augmenter la part du ferroviaire et du fluvial Doubler la part modale du rail et du fluvial d’ici 2030.
    Structurer le développement de l’intermodalité Axe Seine Créer une gouvernance unifiée pour coordonner les acteurs
    Objectif intermodalité Sensibiliser aux bénéfices de l’intermodalité, via un document clair et synthétique, les décideurs politiques et économiques
    Sensibilisation à l’intermodalité Inciter une réflexion sur les avantages de l’intermodalité auprès d’un public aux horizons variés
    Intégration dans FRET21 1/AUTF Lier intermodalité et décarbonation via le programme FRET21 (engagement volontaire des chargeurs à réduire leur empreinte carbone).



    Les conclusions de l’étude MODALISEINE

    Aujourd’hui, les transports routiers, ferroviaires et fluviaux sont souvent gérés séparément, alors qu’ils devraient faire l’objet d’une réflexion conjointe dès la phase initiale. Dans le but de créer des liens fluides entre ces différents modes et ainsi faciliter le recours à l’intermodalité.

    Pour mettre en œuvre le plan de développement proposé, une organisation claire est indispensable. Sans une gouvernance bien structurée (avec des responsables dédiés et des objectifs communs), les efforts risquent d’être dispersés et peu efficaces.
    Afin de rendre ces propositions concrètes et opérationnelles, cette gouvernance doit coordonner les acteurs (publics et privés) pour éviter les doublons et mutualiser les moyens ainsi que créer une offre cohérente sur l’Axe Seine (et au niveau national) pour que l’intermodalité devienne un réflexe, aussi bien pour les entreprises que pour les usagers.



    Pour aller plus loin



    Sources

    Article rédigé à partir de l’étude MODALISEINE (2023)




    Notes et références

    1FRET21 - Dispositif dédié à l’accompagnement des ent​reprises dans la décarbonation de leurs chaînes logistiques porté par l’ADEME et l’AUTF

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