Impact des Méga-Entrepôts sur la Qualité de l’Air en Normandie

| Source : CANVA
  • Cette image montre un vaste entrepôt logistique ou un centre de distribution vu du ciel, probablement au lever ou au coucher du soleil. Voici une description détaillée de ce que l’on peut observer :

    Bâtiment principal : Un grand bâtiment rectangulaire, probablement un entrepôt ou un centre de distribution, avec un toit plat et des sections bien organisées.
    Camions : Plusieurs rangées de camions de livraison ou de transport sont garés en ordre, prêts pour le chargement ou le déchargement de marchandises.
    Parking : Une grande zone de stationnement pour les camions, avec des emplacements bien délimités.
    Environnement : L’image est prise dans un cadre industriel, avec un ciel clair et un soleil bas à l’horizon, ce qui donne une lumière chaude et dorée à la scène.
    Infrastructure : On peut voir des routes et des espaces ouverts autour du bâtiment, typiques des zones industrielles ou logistiques.


La qualité de l’air est un enjeu crucial pour la santé publique. En Normandie, l’implantation de méga-entrepôts soulève des questions sur leur impact environnemental. La DREAL Normandie, a réalisé une étude visant à évaluer l’impact de ces grandes structures logistiques au regard des concentrations en particules fines (PM 2,5) dans la région. Cette étude, « Réaliser une veille sur l’implantation de nouvelles plateformes logistiques et leurs impacts sur la qualité de l’air », s’inscrit dans le volet connaissance du Plan Protection de l’Atmosphère (PPA) Vallée de la Seine.
Découvrez ci-dessous une synthèse de cette étude menée en 2023.


Le saviez-vous ? La surveillance de la qualité de l’air en Normandie est assurée par ATMO Normandie, association agréée de surveillance de la qualité de l’air en Normandie.
👉 Pour plus d’informations : https://www.atmonormandie.fr/article/qui-sommes-nous


Méthodologie appliquée pour réaliser l’étude d’impact des méga-entrepôts sur la qualité de l’air

L’étude vise à mesurer l’impact actuel et futur des méga-entrepôts sur la qualité de l’air en Normandie. Pour ce faire, la méthodologie suivante a été mise en place  :

  • Sélection de trois sites de Mesure : un échantillon de trois sites ont été sélectionnés en fonction de leur implantation (dans une zone avec présence de capteur), de la diversité de leur activité (nécessité d’étudier des activités différentes), de la présence ou non de méga-entrepôts dans la même zone et de la diversité des utilisations des sols (industrielles, résidentielles, agricoles, portuaires).
    • Le site de Honguemare-Guenouville illustre l’implantation d’un méga-entrepôt unique dans une zone plutôt proche de zones résidentielles et avec quelques autres sites industriels.
    • Le site de Heudebouville présente plusieurs méga-entrepôts proches les uns des autres et implantés dans une zone plutôt industrielle entourée de champs et forêts.
    • Le dernier site, celui de Sandouville, est l’image d’une hyper-concentration d’activités industrielles et portuaires avec des méga-entrepôts et de fortes activités de logistique. La zone est également entourée de champs.


Localisation des sites témoins


  • Mise en place de capteurs : Des capteurs ont été déployés, sur les trois sites sélectionnés, du 1er février au 15 juillet 2023, afin d’englober plusieurs saisonnalités. Les mesures effectuées par ces capteurs comportent des données météorologiques (humidité de l’air, température) ainsi que des indicateurs de pollution de l’air tels que  :
    • Les particules fines : PM2,5 et PM10 d’un diamètre respectivement inférieur à 2,5 micromètres et 10 micromètres, en µg/m³ ;
    • Le bruit : moyen, en dB ;
    • Les composés organiques volatils légers : COVL, en ppb.

Ces mesures ont été effectuées en continu, sans modification de lieu pour toute la durée de l’étude.
Les données issues des capteurs de ces 3 sites ont été analysés indépendamment et mises en regard avec des données moyennées de 32 autres capteurs couvrant le territoire normand et représentatifs de zones urbaines et périurbaines.

Capteurs installés sur un mât


  • Comparaison avec une modélisation à l’échelle régionale : En parallèle de ces données capteurs, une modélisation 1 a été réalisée pour permettre d’étudier l’impact des méga-entrepôts sur l’ensemble de la région. Cette modélisation permettant d’étudier la relation entre la pollution aux particules fines PM2,5 et le contexte géographique, démographique et météorologique. Toutes ces variables constituant le contexte sont appelées prédicteurs.
Carte moyenne de pollution en particules fines PM2,5 du 21 mars au 15 juillet 2023 issue de la modélisation


Le saviez-vous ? La qualité de l’air en Normandie est surveillée par 52 capteurs fixes et des modèles de prédiction pour mieux comprendre et améliorer la situation.
👉 Retrouvez l’indice de la qualité de l’air dans notre région sur : https://www.atmonormandie.fr/


Extrapolation sur l’impact de la pollution aux particules fines (PM2,5) lors de l’implantation de méga-entrepôts

L’analyse des résultats a permis de constater que la concentration en particules fines dues aux méga-entrepôts était très variable entre les trois sites, de même que leur concentration finale. A noter que la concentration de PM2,5 dépasse en moyenne, pour tous les sites, le seuil annuel de 5 µg/m³ recommandé par l’OMS 2.

De manière générale dans les trois zones, la présence d’un méga-entrepôt contribue à la concentration de PM2,5. Des jours de dépassement du seuil journalier recommandé par l’OMS de 15 µg/m³ sont observés chaque mois.


En quelques chiffres :
  • La présence d’un méga-entrepôt seul proche de zones résidentielles a un impact de 1,09 µg/m³ par km² de zone industrielle/logistique sur l’émission des particules fines 2,5 µm. Mais cela n’engendre pas des dépassements significatifs par rapport aux concentrations qui peuvent être mesurées en zones urbaines et péri-urbaines en Normandie.
  • La présence de regroupement de méga-entrepôts a un fort impact de 1,17 µg/m³ par km² de zone industrielle/logistique sur la concentration en particules fines. Cependant, si ce site est éloigné des zones résidentielles, la pollution émise ne dépasse pas celle qui peut être mesurée dans les zones urbaines et périurbaines (très impacté par le chauffage en période hivernale).
  • La présence d’une hyper-concentration d’industries et méga-entrepôts logistiques dans une zone portuaire implantée en campagne (pas de zone résidentielle proche) va impacter de 0,57 µg/m³ par km² de zone industrielle/logistique la concentration en PM2,5 et entraîne des concentrations supérieures à ce qui peut être mesuré dans le reste de la Normandie.

Dans le cadre du PPA et du plan d’action chauffage au bois visant à réduire la concentration en PM2,5, la concentration en PM2,5 des zones résidentielles devrait diminuer, de même que la pollution urbaine de manière plus globale. Or, sur les trois sites où sont implantés les méga-entrepôts, on constate qu’une part non négligeable des PM2,5 sont liées aux activités industrielles/logistiques.

De plus, la création de regroupement de méga-entrepôts et autres activités industrielles contribuent à des concentrations de PM2,5 qui peuvent être qualifiées d’élevées et entraînent des dépassements du seuil journalier recommandé par l’OMS.

Dans le cas des sites témoins de cette étude, l’impact au km² d’un unique méga-entrepôt a 2 fois plus d’impact sur la concentration des PM2,5 que le regroupement d’une hyper concentration d’entrepôts. En revanche, la concentration en PM2,5 générée par un unique entrepôt logistique est 2,6 fois inférieure à la concentration en PM2,5 observée sur un site présentant une hyper-concentration d’entrepôts et d’industries.

A retenir

Au des résultats et en extrapolant le cas des trois sites étudiés, représentatifs de trois typologies de configuration d’implantation différentes, on peut conclure que leur impact sur la qualité de l’air est conséquent.
De plus, au vu du développement de l’activité des méga-entrepôts, les concentrations en PM2,5 imputables à leur activité risquent d’être significatives au regard des concentrations totales de PM2,5. Les concentrations des zones concernées par leur implantation pourraient à terme surpasser les concentrations urbaines, ces dernières étant amenées à diminuer grâce à la mise en place de plusieurs dispositifs, dont le plan de protection de l’atmosphère, le développement des véhicules électriques etc…


Le saviez-vous ? La pollution de l’air représente la première cause environnementale de décès dans le monde. Selon une étude réalisée par Santé Publique France en 2016 qui a étudié l’impact de la pollution aux particules fines (PM2,5) sur la mortalité en France (par rapport à la zone la moins polluée de France)  : la pollution atmosphérique est responsable de plus de 48 000 décès par an, soit 9 % de la mortalité. En Normandie, la proportion est identique à la moyenne nationale, avec 2 600 décès par an liés à la pollution de l’air.


Des pistes d’actions existent

L’étude montre que les méga-entrepôts ont un impact significatif sur la qualité de l’air en Normandie, surtout dans les zones déjà industrialisées. Des mesures peuvent être prises pour minimiser cet impact et améliorer la qualité de l’air dans la région.


Adapter l’implantation des méga-entrepôts
Partager et diffuser la connaissance
Il est crucial de réfléchir à l’implantation des méga-entrepôts en fonction de l’environnement existant pour minimiser leur impact sur la qualité de l’air. Une réflexion est en cours concernant les résultats de l’étude avec les parties prenantes pour envisager la mise en place d’actions spécifiques de diffusion de bonnes pratiques, à titre d’exemples : optimiser la distribution de marchandises, formations à l’écoconduite, développer les infrastructures de recharges électriques, favoriser les modes de transports de marchandises moins émissifs…
Notes et références

1Modèle propriétaire de Meersens basé sur une méthodologie LUR, Land Use Regression. Pour ce faire, un jeu de données de plus de 100 000 observations mesurées par 23 stations sur une période d’un an (de mi-juillet 2022 à mi-juillet 2023) a été utilisé.

2Les seuils fixés par l’OMS sont des recommandations plus exigeantes que les seuils réglementaires issus du décret 2010-1250 du 21/10/2010, qui fixe une valeur limite de moyenne annuelle de PM2,5 à 25 µg/m³.

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