Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Eau, Nature, Mer et Littoral

Quelques éléments pour comprendre

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 28 janvier 2016

L’homme a toujours contribué à la dissémination des espèces animales et végétales, notamment au travers des échanges commerciaux entre les différentes parties du monde. Souvent, ces espèces ne trouvent pas les conditions nécessaires à leur développement en dehors de leur aire de répartition et disparaissent.

Un dixième d’entre elles parviennent à s’installer, sans que cela pose nécessairement de problème. Parmi ces dernières, un dixième des espèces vont en revanche proliférer et engendrer des perturbations dans les milieux naturels.

Signal de déséquilibre écologique, leur présence est aussi un facteur corollaire à l’extinction d’espèces.
Une espèce invasive est en quelque sorte une passagère du train des changements environnementaux et des déstabilisations écologiques.

Ces espèces posent des problèmes écologiques, économiques et sanitaires.

Pour exemple, le développement rapide de certaines plantes aquatiques (Jussie, Myriophylle du Brésil) peut avoir de sérieuses conséquences sur l’écoulement des eaux et favoriser les phénomènes d’inondation. Par ailleurs, ces espèces réduisent à terme de manière significative la faune et la flore aquatique.

Ces mêmes espèces peuvent prendre des formes terrestres et coloniser les terres inondables, les rendant impropre à une utilisation agricole.

Elles peuvent aussi entraver considérablement les activités de transport fluvial ou liées au tourisme (canoë-kayak, pêche, baignade…).

D’autres espèces végétales, très allergènes, peuvent avoir des conséquences sur la santé humaine. On peut citer le cas de l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia), plante originaire d’Amérique du Nord  : ses grains de pollen sont responsables de pollinoses invalidantes avec asthme dans environ un cas sur deux. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont touchés chaque année dans la vallée du Rhône.

Autre exemple, la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), grande plante pouvant atteindre plus de 3 m, introduite pour l’ornement en France au XIXème siècle, contient des furocoumarines qui peuvent, par contact avec la peau, infliger de graves dermites.

Certaines espèces animales peuvent entraîner des déséquilibres majeurs dans les milieux aquatiques au point que ces derniers deviennent quasiment improductifs pour les espèces autochtones. Certains cours d’eau ont vu ainsi leur peuplement piscicole fortement amoindri par l’invasion de certaines espèces d’écrevisses exogènes.

Elles peuvent aussi être à l’origine de la propagation de pathologies  : leptospirose pour les ragondins et rats musqués, chikungunya et maladie de la Dengue pour certains moustiques,

Ces espèces invasives sont aujourd’hui considérées comme la seconde cause d’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale et comme une composante importante des changements globaux provoqués par l’activité humaine. La lutte contre les espèces invasives est donc une des priorités d’actions à mener si l’on veut sauvegarder les milieux naturels et pérenniser leurs fonctions de production de matières premières, leur rôle de régulation pour l’épuration de l’eau, l’atténuation des crues ou l’équilibre des climats,

La France, signataire de la Convention sur la Diversité Biologique, a élaboré en 2004 (révisée en 2010) sa Stratégie Nationale pour la Biodiversité où la lutte contre les espèces invasives y trouve naturellement une place importante. En toute logique, elle constitue un des axes privilégiés des conclusions du Grenelle de l’Environnement.