Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Habitat, Aménagement, Construction, Paysages

Plan d’actions à faible investissement pour les bâtiments de l’Etat en Normandie

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 30 mai 2016

Profil énergétique d’un parc de bâtiments

Un profil énergétique d’un parc de bâtiments représentatif a été établi à partir de l’analyse des rapports d’audits énergétiques de 20 bâtiments représentant une surface totale de 106 640 m².

Consommation énergétique totale de l’ensemble des bâtiments  :

consommation énergétique en énergie finale 15 840 MWhef/an
consommation énergétique en énergie primaire 25 300 MWhep/an

Les taux de conversion entre énergie finale et énergie primaire sont ceux définis dans l’arrêté du 24/05/2006.

Rapportée à la surface, la consommation moyenne de ce parc de bâtiments est de 237 kWhep/m².an, correspondant à une classe énergétique D.
En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES), elles sont de 3 400 tonnes eq CO2.

Le diagramme ci-dessous présente la répartition des consommations d’énergie par poste de consommations :

Sur l’ensemble des bâtiments, la consommation moyenne d’énergie liée au chauffage est égale à 44 % de la consommation totale en énergie primaire. Ce ratio est de 66 % quand il s’agit d’énergie finale.

Rappel des objectifs Grenelle :

Objectif énergétique - 40 % en énergie primaire (donc - 10 120 MWhep)
Objectif climatique - 50 % en Gaz à Effet de Serre (donc - 1 700 tonnes équivalent CO2)

Analyse  :

L’atteinte des objectifs Grenelle ne peut pas uniquement porter sur des actions réalisées sur le chauffage. En effet, dans un tel scénario, l’objectif énergétique nécessiterait de réduire les consommations dues au chauffage de 91 %, ce qui est techniquement impossible dans le contexte budgétaire actuel. Des efforts sur les autres postes de consommation doivent être réalisés. Un scénario, permettant de remplir simultanément les objectifs énergétiques et climatiques assignés à l’État, serait de porter les efforts d’économies d’énergie à hauteur de 65 % sur le poste chauffage et à hauteur de 35 % sur les autres postes,
Ce qui représente donc 6580 MWhep/an d’économie pour le chauffage et 3540 MWhep/an pour les autres postes. Concrètement les réductions des consommations d’énergie à réaliser sur le parc étudié se traduisent ainsi :

Sur le chauffage 59,1 %
Sur les autres postes énergétiques 25 %
Économie d’énergie annuelle 10 120 MWhep/m².an
Économie GES 1700 tonnes eq CO2

Nature des actions liées au marché de maintenance chauffage à mener dans le cadre d’un plan d’action en faveur des économies d’énergie à faible coût d’investissement

Une première étape dans l’atteinte des objectifs est la réalisation d’un plan d’économie d’énergie à faible coût d’investissement.
L’objectif de ce plan est d’atteindre 10 à 15 % d’économie d’énergie au travers d’actions simples et rapidement rentables. Ci-dessous est présentée la nature des actions à envisager.

Amélioration du rendement des installations de chauffage :
L’objectif est d’améliorer le rendement des installations de chauffage au travers de la mise en place de régulations ou l’optimisation de celles déjà existantes et des actions d’améliorations à faible coût d’investissement. Ces actions pourront porter sur :

  • la régulation centrale et le réseau de distribution,
  • la régulation terminale (robinets thermostatiques),
  • la programmation,
  • le calorifugeage des réseaux de chauffage en locaux non chauffés,
  • l’équilibrage des réseaux.
    Les actions qui seront préconisées dans le cadre du plan sont issues des audits ou de l’analyse des résultats de l’enquête lancée par le SGAR et réalisée par les titulaires des marchés d’entretien.

Optimisation de la gestion des températures de consigne :
Selon ADEME, baisser de 1°C la température de consigne permet de réduire de 7 % sa consommation de chauffage. L’enquête de septembre 2015 devra permettre d’avoir une vision globale de la gestion des températures de consigne dans les bâtiments et ainsi de repérer des gains d’économie potentiels.

Exemple d’une optimisation d’un scénario de gestion :

Scénario existant Scénario optimisé Gain
T° de confort : 21° de 6h à 19h 5j/7, T° réduite : 18 ° T° de confort : 20° de 6h à 18h 5j/7, T° réduite : 16 ° 14,4 %

Dans le cas présent, le bâtiment présente une inertie suffisante pour garder la température ambiante agréable durant les premières heures suivant le passage en mode réduit.

Optimisation de la gestion des températures de consigne des locaux « serveur » :
À partir de l’analyse des audits et des échanges avec les gestionnaires immobiliers, les températures de rafraîchissement seront collectées et comparées aux températures maximales supportées par le matériel informatique selon les préconisations du fournisseur.
Des augmentations de la température de rafraîchissement dans les locaux « serveurs » pourront éventuellement être proposées.

Réduction des consommations d’eau chaude :
Il pourra être préconisé de couper l’eau chaude sanitaire (ECS) dans les sanitaires.

Proposition d’un calendrier

Même s’il ne doit pas être le seul, l’effort à porter sur le chauffage est donc essentiel, c’est pourquoi la première étape du plan d’action va consister à « diagnostiquer » à l’aide d’une enquête le système de chauffage dans son ensemble afin de repérer les actions simples à mettre rapidement en œuvre.
Par ailleurs, plusieurs actions simples pourront être conduites en parallèle sur les autres postes.
Ci-dessous est présentée une proposition de calendrier pour la mise en œuvre du plan d’actions en faveur des économies d’énergie :

  1. Août – septembre 2014 : première analyse d’un parc des bâtiments par la DREAL
  2. 19 septembre 2014 : présentation d’un plan d’actions au SGAR
  3. 14 octobre 2014 : formation « actions à faible investissement »
  4. à partir de septembre 2015 : réalisation de l’enquête sur le chauffage, analyse des rapports d’audit par la DREAL pour identification d’actions sur les autres postes énergétiques
  5. premier semestre 2016 : Élaboration d’un plan d’actions « chauffage » par la DREAL
  6. À partir d’octobre 2016 : Présentation du plan d’actions « chauffage »
  7. Avant la période de chauffe saison 2016-17 : Mise en œuvre du plan d’actions « chauffage »