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Eau, Nature, Mer et Littoral

La stratégie de gestion du trait de côte

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publié le 1er février 2016 (modifié le 12 octobre 2016)

Suite au Grenelle de la mer et aux conséquences dramatiques de la tempête Xynthia, l’État français s’est doté d’une stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte.

L’homme a depuis longtemps cherché à fixer le trait de côte, notamment par des protections dites « dures », afin de protéger les activités implantées sur le littoral. Avec l’évolution des techniques et des connaissances, des méthodes dites « douces » sont mises en place pour gérer de façon plus durable les phénomènes naturels.

La nouvelle approche de gestion du trait de côte s’appuie sur la connaissance des « cellules sédimentaires » et sur la conception d’une politique de gestion globale. Chaque cellule, de taille variable, a un fonctionnement sédimentaire relativement autonome par rapport aux cellules adjacentes. Ses limites sont naturelles (cap, delta, estuaire, baie) ou d’origine anthropique (jetée portuaire).

Plusieurs méthodes existent :

  • des « méthodes dures », tels les enrochements, épis ou brise-lames, dont l’efficacité reste locale et provisoire ;
  • des « méthodes douces », comme le rechargement de plage, l’implantation de ganivelles,… avec une efficacité relative ;
  • des « méthodes mixtes ».

Les méthodes dures reportent souvent le phénomène d’érosion à proximité des ouvrages.
Selon le contexte de l’érosion, différentes postures sont possibles :

  • le « laisser faire », à savoir suivre l’évolution naturelle lorsque les enjeux ne justifient pas une action de protection,
  • l’adaptation qui repose sur des interventions limitées, tout en accompagnant les processus naturels (implantation d’Oyat),
  • la fixation du trait de côte, si les enjeux sont très importants,
  • le recul ou repli stratégique, basé sur la relocalisation de constructions existantes.

Le littoral normand sableux a longtemps subi une politique de fixation du trait de côte qui commence sur certaines communes à s’ouvrir aux méthodes douces (rechargement de plage, drainage…) sous les effets du manque de moyens financiers et du changement climatique.
Les politiques de « laisser-faire » voire de « retrait stratégique » ou de « relocalisation des biens et des personnes » sont de plus en plus portées par les acteurs publics.

Suite au Grenelle de la mer et aux conséquences dramatiques de la tempête Xynthia, l’État français s’est doté d’une stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte.
Elle s’articule autour de quatre axes :

  • développer l’observation du trait de côte et identifier les territoires à risque pour hiérarchiser l’action publique ;
  • élaborer des stratégies partagées entre les acteurs publics et privés ;
  • évoluer vers une doctrine de recomposition spatiale du territoire ;
  • préciser les modalités d’intervention financière pour la politique de gestion intégrée du trait de côte.