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Eau, Nature, Mer et Littoral

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Espèces invasives et échouages d’algues

 
 
 

Les espèces marines invasives

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publié le 28 janvier 2016

Les espèces invasives occupent des niches écologiques le plus souvent dépourvues de prédateurs, sont très opportunistes et s’adaptent à de fortes amplitudes de température et de salinité. Elles sont résolument armées pour coloniser l’espace et leur invasion des milieux marins peut être très rapide.

Parmi les principaux vecteurs d’introduction et de transferts d’espèces en Manche-Atlantique, on trouve :

  • les eaux de ballasts (eaux transportées à bord de bateaux pour en accroître le tirant d’eau et donc l’assiette favorable pour la navigation du navire),
  • le dépôt sur les navires (fouling),
  • la conchyliculture par le transport de cheptels entre bassins de production,
  • et les activités de pêche aux engins traînants.

Vecteurs d'introduction des espèces invasives

Vecteurs d’introduction des espèces invasives
en Manche – Atlantique
(Goulletquer et al., 2002) 






Les conséquences de l’introduction d’espèces invasives sont de deux ordres. Du point de vue écologique, la compétition pour l’espace ou la nourriture peut mener au remplacement d’espèces locales. Leur prolifération tend à générer des croisements entre les espèces autochtones et introduites et ainsi à homogénéiser la faune ou la flore par disparition des espèces autochtones. D’autres événements en cascades peuvent aussi se produire : modification des chaînes alimentaires, modifications du milieu Du point de vue économique, la multiplication d’une espèce peut perturber les activités de pêche (colmatage des engins,…) et la conchyliculture par la nécessité de nettoyage.

Actuellement, de nombreuses espèces ont été introduites en Manche. Certaines d’entre elles sont considérées comme invasives. Ces dernières appartiennent aux groupes suivants : Mollusques, Crustacés, Ascidies, Macro-algues, Vers, Méduses et Cnidaires (source IFREMER).

Les espèces les plus problématiques sont actuellement la crépidule et la sargasse. Une veille doit être maintenue sur l’ensemble des espèces jugées invasives dans les régions proches.

L’exemple de la crépidule
Originaire de la façade atlantique de l’Amérique du Nord, la crépidule (Crepidula fornicata) s’est répandue sur les côtes anglaises à l’occasion de transferts d’huîtres à la fin du 19ème siècle, puis elle est arrivée dans les eaux normandes au moment du débarquement allié, les larves s’étant fixées sur les coques des navires. La dissémination a ensuite été renforcée par l’introduction de l’huître japonaise dans les années 1970. L’activité de pêche au chalut et à la drague a favorisé sa prolifération. La crépidule n’étant pas une espèce commerciale actuellement, elle est rejetée à l’eau avec les refus de tri de dragues. Elle pose aujourd’hui beaucoup de problèmes dans les régions d’introduction. En effet, elle peut former des tapis très denses au niveau des fonds de substrats meubles de certaines baies, et entre en compétition pour l’espace avec les espèces natives, comme la coquille Saint-Jacques.

L’étude des captures depuis 1976, montre que les crépidules restent relativement peu abondantes en Baie de Seine. Le constat est beaucoup moins optimiste dans le golfe Normand-breton où elle ne cesse de progresser. En Baie du Mont-Saint-Michel, le stock est passé de 100 000 tonnes en 1996 à 150 000 en 2004, réparti sur 128 km2. L’ensemble du littoral, de la côte des havres à la Baie du Mont-Saint-Michel, est colonisé par l’espèce.

Les impacts sont très importants : homogénéisation des fonds colonisés (la crépidule jouant le rôle de support pour les espèces sessiles), envasement des fonds, compétition inter-spécifique et gênes aux activités économiques comme le dragage de la coquille Saint -Jacques.

L’exemple de la sargasse
La sargasse (Sargassum muticum) est une algue de la famille des algues brunes, appelée aussi algue japonaise car originaire d’Asie. Elle peut être très grande (jusqu’à 10 m) et sa couleur se décline du jaune au brun. Son habitat est généralement constitué de substrats durs (rochers, coquillages, cailloux) et de fonds sableux abrités jusqu’à environ 20 m de profondeur. La sargasse se développe particulièrement bien dans les fonds de baie et dans les mares où il reste de l’eau à marée basse.

La sargasse a été introduite accidentellement en France dans les années 1970, avec la culture des huîtres japonaises. Depuis, elle s’est répandue de façon spectaculaire, notamment en Normandie. Aujourd’hui, l’abondance de l’algue semble s’être stabilisée, après une prolifération très importante dans les années 1980.

La sargasse est considérée comme une espèce invasive sur les côtes normandes, car elle peut engendrer des gênes importantes pour les ostréiculteurs et les navigateurs, particulièrement en été où elle atteint sa taille maximale. Dans le milieu marin, sa prolifération rapide et sa forte densité font qu’elle étouffe les autres algues et peut être responsable de leur raréfaction sur un site.

Elle peut cependant avoir un rôle positif dans certains écosystèmes, en particulier dans les milieux troubles. En effet, ces milieux sont difficiles pour les laminaires, grandes algues brunes locales, qui ont un rôle d’abri et de protection pour de nombreuses espèces marines (petits crustacés, alevins, support de ponte pour les seiches). Les sargasses, qui sont des espèces plus tolérantes au manque de luminosité, remplacent les laminaires dans ces milieux difficiles et participent donc à l’enrichissement de l’écosystème en niches écologiques nouvelles.

Les échouages de macro-algue

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publié le 28 janvier 2016

Les échouages d’algues représentent une gêne principalement pour les populations littorales et les activités balnéaires lorsqu’elles s’accumulent et pourrissent (odeurs désagréables).

Les échouages normands ont un caractère particulier avec, sur la plupart des secteurs :

  • un mélange d’algues rouges, vertes et brunes,
  • une forte variabilité des quantités échouées d’une année sur l’autre avec des pics estivaux parfois importants,
  • et une croissance qui s’effectue principalement fixée sur les platiers rocheux.

Des échouages très importants sont relevés sur le Calvados à Grandcamp-Maisy (Estuaire de la Vire et de la Taute) et sur la côte de Nacre.

Beaucoup de ces échouages résultent ainsi de phénomènes d’arrachages liés à des coups de vent de nord-est et des grands coefficients de marée descendants, traduisant un fonctionnement bas-normand différent des marées vertes bretonnes. Sur certains secteurs, les quantités d’algues échouées peuvent être importantes et engendrer des putréfactions sources de nuisances olfactives.

Au-delà d’une certaine quantité (cas de Grandcamp-Maisy), les algues ne peuvent plus être repoussées en mer et font l’objet d’un ramassage et d’une valorisation agricole dans le cadre d’un dispositif mis en place par le Conseil départemental du Calvados, la chambre d’agriculture, la Communauté de communes et la commune concernées. La présence d’algues rouges et brunes, de décomposition plus lente, limite les risques sanitaires liés à des teneurs en dihydrogène de soufre élevée.

L’université de Caen a mis en œuvre un programme de recherche co-financé par la DREAL visant à mieux comprendre les conditions environnementales générant les échouages de macro-algues.

 
 
 

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Site mis à jour le 24 mai 2017
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