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Risques industriels et naturels

Devenir de la centrale au charbon du Havre

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publié le 24 avril 2019
Virginie SCHWARTZ, directrice de l’énergie à la Direction Générale de l’Énergie et du Climat du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire a rappelé les grands objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) qui fixe une neutralité carbone à l’horizon 2050 ainsi que ceux de la PPE sur la période 2019-2028.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre passe notamment par l’arrêt des 4 dernières centrales thermiques au charbon dont les émissions de CO2 (10 millions de tonnes par an) représentent 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur de la production électrique.
Le plan d’action gouvernemental prévoit d’aller plus loin dans la maîtrise de la consommation énergétique, notamment en période de pointe, de diversifier la production d’énergie en augmentant la part des énergies renouvelables et d’optimiser le calendrier des arrêts planifiés des réacteurs nucléaires dont la durée de vie arrive à 40 ans.

Les représentants de RTE ont présenté les conclusions du Bilan Prévisionnel 2018 et des analyses complémentaires sur l’équilibre offre-demande d’électricité en France et sur la zone du Grand Ouest sur la période 2019-2023.
Selon ces analyses, en cas de configurations particulièrement dégradées, intégrant des décalages éventuels dans la mise en service de certains moyens de production (EPR de Flamanville, centrage gaz de Landivisiau ou interconnexion Eleclink), le critère de sécurité d’approvisionnement d’une durée moyenne de défaillance annuelle de 3 heures pour des raisons de déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité, resterait respecté pour la Normandie
La situation de la Bretagne est caractérisée par une sécurité d’alimentation plus fragile, liée en particulier à la faible capacité de production installée dans la région. La Normandie produit, selon les périodes de l’année, de 250 % à 300 % de sa consommation électronique. Dès lors, RTE considère que le maintien de manière transitoire, de tranches actuelles à la biomasse avec des durées de fonctionnement réduites, doit être étudié pour la centrale de Cordemais (Loire-Atlantique). Le Havre (Seine-Maritime), en revanche, n’est pas concerné.

Ces présentations ont donné lieu à de nombreux échanges avec les élus locaux et les organisations syndicales qui ont pu exprimer leurs points de vue tant sur le rôle de la centrale au charbon du Havre que sur le projet de conversion à la biomasse, l’enjeu de la sécurité d’approvisionnement des nombreuses installations industrielles de la zone industrielle et portuaire du Havre, et la nécessité d’un accompagnement des salariés de la centrale et de ses sous-traitants.

En conclusion, Marie AUBERT, sous-préfète du Havre et David COSTE, délégué interministériel à l’avenir du territoire de Fessenheim et des territoires d’implantation des centrales de production d’électricité à partir du charbon, ont invité l’ensemble des participants à travailler désormais, avec les salariés, le monde économique et les associations environnementales sur une stratégie territoriale de transition écologique et industrielle du territoire havrais et un accompagnement des salariés et des sous-traitants de la centrale charbon du Havre avec l’appui de l’État.